Fil d'Ariane
Les 3 facteurs qui alimentent la résilience de l’économie mondiale
Malgré les tensions géopolitiques au Moyen-Orient et la flambée des prix du pétrole, le cycle économique mondial reste plutôt favorable.
Aux États-Unis, la croissance demeure robuste, à +2 % au 1er trimestre 20261. Nous estimons qu’elle est nourrie par trois facteurs : les investissements massifs liés à l'intelligence artificielle, qui pourraient représenter jusqu’à 2 % du PIB américain2 et dynamisent l'industrie ; une consommation des ménages (près de 70 % du PIB) toujours soutenue, notamment chez les foyers les plus aisés qui bénéficient d'un net effet richesse ; et enfin l'autosuffisance énergétique du pays, désormais exportateur net de pétrole.
En Europe aussi, des atouts
De l’autre côté de l’Atlantique, la situation est plus fragile. Importatrice nette d’énergie et donc très exposée au choc pétrolier, la Zone euro a ainsi vu ses prévisions de croissance pour 2026 revues nettement à la baisse, passant de 1-1,5 % en début d'année à seulement 0,7-0,8 % aujourd'hui. Ce ralentissement marqué pourrait toutefois rester limité aux deuxième et troisième trimestres : si l'accord de paix entre les États-Unis et l'Iran est consolidé et que les prix du baril de pétrole redescendent sous les 80 $, la reprise initialement espérée pour 2026 serait simplement reportée à 2027, sans être compromise.
Il faudra également compter sur la locomotive allemande, alimentée par un plan de relance d’une ampleur inédite représentant environ 0,7 % du PIB en 2026 et en 2027, soit près de 31 milliards d’euros. Plus particulièrement centré sur les dépenses de défense et les infrastructures3, ce programme est susceptible de soutenir le redressement de l’économie allemande et pourrait contribuer à une accélération de la croissance européenne.
L’inflation, à surveiller
Si la réouverture du détroit d’Ormuz semble désormais acquise, les risques inflationnistes ne vont pas pour autant disparaitre car la hausse des prix énergétiques pourraient se diffuser dans les chaînes d’approvisionnements mondiales.
Aux États-Unis, les derniers chiffres d’inflation dépassent 4 %, tandis que la BCE table désormais sur une inflation de 3 % en 2026 pour la Zone euro — elle a d'ailleurs déjà relevé ses taux le 11 juin dernier, passant de 2 à 2,25 %. Tout regain inflationniste pourrait conduire à un durcissement des politiques monétaires des deux côtés de l'Atlantique et faire peser un risque sur la dynamique économique.
1 https://www.cbsnews.com/news/gdp-economic-growth-first-quarter-2026/
3 https://www.ofce.fr/prev/prev2603/fiches/encadre_allemagne_focus.html