Fil d'Ariane
Une économie mondiale résiliente malgré les incertitudes commerciales et géopolitiques
En 2025, l’économie mondiale s’est montrée plutôt résiliente malgré de nombreux chocs économiques et géopolitiques. Les prévisions de croissance ont été revues à la hausse au 2ème semestre pour la zone euro comme pour les États-Unis : une dynamique positive soutenue par le secteur des services et la consommation des ménages, tandis que l’industrie montre des signes d’amélioration mais peine à sortir d’un niveau de quasi-récession.
Les États-Unis ont occupé une place centrale dans les actualités économiques comme politiques en 2025. Malgré la mise en place des tarifs et les provocations de l’administration américaine, la croissance du PIB s’est établie au-delà de 2 % en 2025 outre-Atlantique, une dynamique qui devrait se maintenir en 2026. Cette année, l’économie devrait bénéficier de l’accélération de la productivité grâce à l’intelligence artificielle, tandis que la consommation des ménages, toujours bonne, sera soutenue par la politique budgétaire expansionniste, dans le sillage de la « One Big Beautiful Bill ». Le principal signal négatif outre-Atlantique reste le marché de l’emploi, avec un taux de chômage remonté à 4,4 %. En contrepartie, un marché de l’emploi affaibli pourrait inciter la Fed à baisser davantage ses taux d’intérêt.
En zone euro, la croissance attendue en 2025 se situe autour de 1,3 %, au-dessus du consensus initial. Les services et la consommation amortissent le cycle, tandis que l’industrie reste le maillon faible. Pour 2026, l’hypothèse privilégiée est celle d’une légère accélération, soutenue par l’Allemagne : après trois années de stagflation, l’économie allemande redevient plus dynamique, avec des effets d’entraînement sur l’ensemble de la région. La fragilisation de l’OTAN et l’intensification des conflits a également poussé le Vieux Continent à investir dans sa souveraineté, avec un volet défense et infrastructure important qui devrait se matérialiser dès 2026.
Ce scénario demeure exposé à plusieurs risques. Le premier est géopolitique, dans un contexte de conflits plus nombreux, encore peu reflétés dans la macroéconomie et les marchés. Des tensions sur l’énergie pourraient remettre en cause l’hypothèse d’un baril autour de 60 dollars et raviver le risque inflationniste. S’ajoute un manque de visibilité sur la politique économique américaine, lié à l’instabilité des décisions de l’administration Trump. Enfin, la hausse des taux à dix ans observée en 2025 alourdit le fardeau de la dette des États très endettés. Les levées à venir sont colossales : si la hausse se prolonge, des tensions pourraient apparaître, notamment en France et en Allemagne.